De la méprise démocratique

Publié le par Simon Rodier

Alors que nous sommes dans les dernières heures de la campagne présidentielle, écoutant les commentaires, je réalise que les français maîtrisent bien mal le concept de démocratie.

Je ne pense pas au mépris affiché par certains vis-à-vis du principe de séparation des pouvoirs, ni même au nécessaire respect par tous des convictions de chacun (l'autre, cet étranger !).

La difficulté me semble davantage dans le fait que, depuis l'école, beaucoup pensent que la démocratie c'est le gouvernement de tous par la majorité, simplement parce qu'elle est le régime où le peuple contrôle sa propre administration.

Or rien n'est moins vrai ! En effet, nul homme, nul principe, nul politique n'est en capacité de recueillir l'assentiment du plus grand nombre, du moins de manière réelle et pérenne.

Les seules majorités absolues sont de défiance ! Mais, une fois dépassé le "tous contre", il faut pourtant mener une action "pour".

L'une des meilleures illustrations reste le positionnement des français par rapport au vote qui, en 2005, leur aurait été "volé". Beaucoup ont voté NON en pensant voter POUR un plan B qui n'avait pourtant jamais été défini.

Face à l'impossibilité de M Mélenchon, Mme Boutin, M Le Pen, M Fabius, M Dupont-Aigan et autres à s'entendre sur l'avenir souhaité, et encore plus à proposer une solution alternative aux 17 nations ayant choisi de ratifier le traité, la France se mettait elle-même dans une impasse. La désillusion ne pouvait être que forte, entrainant une défiance mortifère vis-à-vis du projet européen et un véritable divorce des français d'avec la politique.

La réalité est là, aussi désagréable que cela soit : la démocratie ce n'est s'en remettre à une position majoritaire d'opposition (du moins si elle n'est pas en capacité de définir un projet majoritairement accepté) mais juste accepter d'être gouverné par celle des minorités qui est la moins isolée.

Publié dans Convictions

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